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Méridienne pierre sèche © Arcade
ARCADE Design à la campagne® a ouvert une nouvelle porte dans ses programmes de résidence avec une recherche de territoire axée sur les savoir-faire et le patrimoine de la pierre sèche. Cette résidence, soutenue par la DRAC Bourgogne-Franche-Comté, la Région Bourgogne-Franche-Comté et la Fédération Française des professionnels de la pierre sèche, s'est déroulée d’avril à septembre 2025.

Le projet lauréat de cette édition est « Havres de pierres », porté par la designer Marine Le Razavet. À travers une série d’installations en pierre sèche prenant la forme de mobilier extérieur, ce projet visait à rétablir une relation sensible et organique entre les différentes espèces, humaines, animales et leur environnement. Pensés à la croisée du design et de l’écologie, ces aménagements cherchent à éveiller les consciences sur la cohabitation harmonieuse entre espèces dans un espace partagé.

 

Portrait de Marine Le Razavet, Designer

Diplômée en 2016 de l’École de Design Nantes Atlantique et de l’école HDK de Göteborg en Suède, Marine Le Razavet développe un design où l’humain, les matériaux et les savoir-faire se rencontrent. Son travail cherche à créer un lien familier entre l’objet, l’espace et l’utilisateur, en s’appuyant sur les traditions, les usages et les procédés de fabrication.

Son parcours est marqué par des expériences variées : au sein du Groupe SEB-Téfal, du studio Monica Förster Design en Suède, ou encore de l’entreprise DOIY en Espagne. Passionnée par les matériaux et engagée sur les questions environnementales, elle a récemment collaboré avec Saint-Gobain Recherche Paris, orientant sa pratique vers la recherche dans le domaine de la construction. Elle se consacre aujourd’hui pleinement à ses projets personnels.

Pierre sèche et patrimoine

La résidence s’inscrivait dans une dynamique de valorisation et de transmission des savoir-faire liés à la pierre sèche. Marine Le Razavet a présenté son travail de recherche qui lui a permis d’alimenter ses réflexions autour de cette technique et de diffuser auprès du public la richesse de cet artisanat et de celles et ceux qui le font vivre.

Utilisée depuis le paléolithique, la pierre est l’un des plus vieux matériaux utilisés dans la construction. Retracer son parcours au travers les siècles nous permet de faire émerger les complexités de son histoire en architecture : les moteurs qui favorisent son emploi puis les obstacles qui ont progressivement contribué à l’évincer de nos modes de construction contemporains.

La compréhension du passé de la construction pierre sèche invite à s’interroger sur la standardisation en architecture, mais également à lui imaginer des usages futurs et applications possibles.

Le projet fut mené en collaboration avec Pierres Mureuses de Bourgogne -entreprise dont la carrière se situe à Môlay (89) et les bureaux à Créancey (21) à quelques kilomètres du village de Sainte- Colombe-En-Auxois.

Une pierre d’accueil

La construction pierre sèche est régulièrement employée pour servir les besoins liés aux activités humaines. Elle se fait aussi bien abri (cabane pour
bergers), frontière (remparts, murets), consolidation mécanique (mur de soutènement, cultivation), que terrassement (dallage ou pavement au sol).

Au delà de nos usages traditionnels, cette technique de construction révèle des qualités bénéfiques pour la biodiversité encore peu exploitées.
Les cavités créées par l’absence de liant entre les pierres s’avèrent être une ressource importante prodiguant prospérité à certaines espèces animales. Elles constituent un lieu de repos dans lequel se blottissent insectes et autres petits animaux qui peuplent nos territoires. Elles se font aussi lieu de passage, pour des espèces migratoires, qui s’y faufilent incognito à la vue des d’oiseaux de proies ou autres prédateurs. En outre, la pierre leur constitue un lieu d’hospitalité, à long ou court terme.

La création des “Havres” s’en inspire. Sous la forme de mobiliers extérieurs, ces installations en pierre matérialisent des lieux de haltes où se ressourcer, un accueil tant pour l’espèce humaine qu’animale.

 

Faire et transmettre

La construction demeure certainement l’étape la plus importante et marquante de la création d’un ouvrage en pierre sèche. Tant sur l’organisation des tâches, que pour l’approvisionnement en matériaux, la maîtrise de la technique, et le contrôle des défis mécaniques quels qu’ils soient; le chantier constitue un projet à part entière.

Tout au long de son projet, Marine Le Razavet a conservé en ligne de mire la mise en œuvre finale de ses pièces, afin de concrétiser ses objectifs émis en début de résidence : diffuser, sublimer, transmettre.Pour des questions de moyens et de temps, deux installations sur trois ont pu être bâties -la méridienne et le banc.


Véritable projet choral, il a mobilisé  de nombreux•ses acteur•ice•s dans sa réalisation : artisans muraillers et tailleurs de pierres (FFPPS), batisseur•e•s volontaires débutant•es (Fondation Léo Lagrange), carrier de Bourgogne, architecte des bâtiments de France, commune de Sainte-Colombe-En-Auxois. Ce fut un chantier complexe, avec ses moments de doutes et de stress, comme ses beaux moments de partages et d’apprentissage. Un chantier pierre sèche c’est par-dessus tout une épopée humaine: la démonstration de la force d’un collectif au service de la beauté
d’une technique.

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